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Animal Triste
Animal Triste
Ville
Rouen
Création
01/03/2019
Le rock and roll est une condamnation à perpétuité, une vie de servitude volontaire, passée entre les quatre murs d’une cage où l’air sera toujours moins chargé qu’au dehors, où les airs seront toujours moins dangereux à fredonner que ceux de l’extérieur. Si vous pénétrez dans la tanière d’Animal Triste, celle que ses six occupants gardent fermée à double tour depuis deux ans, vous y trouverez des guitares lascives, abandonnées sur un sol jonché de vinyles des Bad Seeds. Aux barreaux de cette prison de joie, une basse mancunienne, dans ses recoins, des claviers analogiques brandissant fièrement leur cold étendard, au sol, les cendres d’un pentacle consumé sur lesquelles chant et batterie convoquent fièrement l’esprit des Indiens de Californie, ceux qui allaient vêtus d’une peau de roi lézard. Sur le mur du fond, on a punaisé des a?ches plus ou moins défraîchies, en souvenir et en hommage aux autres vies des créatures qui hibernaient ici : Darko, La Maison Tellier et d’autres clins d’oeil, jokes plus ou moins private entre ces sorciers du son qui n’ont jamais cessé d’œuvrer dans les coulisses de la machine à rêves. Six têtes pensantes d’une Hydre de Lerne ivre de peine, il semble impossible de les capturer tous en même temps. Nul autre qu’eux-mêmes ne peut les convaincre de s’enfermer avec ce but immuable : retrouver ce qui leur a toujours manqué. Nul autre qu’eux-mêmes ne peut les convaincre de sortir de leur cachot, lorsque l’envie leur prend de retrouver la Vie Sauvage, celle d’avant, celle où les animaux s’échinaient, s’acharnaient dans le but dérisoire de se parfaire, sans avoir besoin de logiciel et d’écran LCD pour savoir jouer. En guise de décor pour habiller leur scène intime, une image sombre, montagne à peine éclairée par la lune froide et pleine, monolithe altier à l’ombre duquel ils viennent par les nuits de solstice déposer gri?es, becs et crocs en sacrifice : voici la pochette du premier album d’Animal Triste. Huit titres enregistrés dans les brumes normandes à la sortie d’un hiver sans glace, à l’aube d’un printemps qui mit le monde en cage. Quelques semaines passées in extremis au mythique studio Piggy in the Mirror de David Fontaine, journées passées sans fards, sans maquillage, chez cet adepte loyal de Steve Albini. Là ils ont pu creuser leur micro-sillon de brutale tendresse, avant de confier leurs bébés-monstres à Etienne Caylou, dresseur de sons qui a su mettre la tête dans leur gueule grande ouverte sans se faire dévorer. Voici donc un premier album misanthrope, empreinte carbone d’un monde presque oublié, futur fossile d’une époque où les glaciers rendaient l’âme, flambeau incandescent que nul beatmaker ne pourra jamais faire vaciller, voici des animaux qui tiennent encore debout, voici Animal Triste.
Suggestion

BBC

discographie

Animal Triste

2020

  • 1. Darkette 3:16
  • 2. Shake Shake Shake 3:16
  • 3. Dancing In The Dark 4:44
  • 4. Wild at Heart 4:15
  • 5. Sky is Something New 5:16
  • 6. Amor Bay 4:01
  • 7. Vapoline 4:26
  • 8. Out of Luck 5:15
Basse : Cédric Kerbache
Batterie : Mathieu Pigné
Chant : Yannick Marais
Claviers : David Faisques
Guitare(s) : Sébastien Miel
Guitare(s) : David Faisques
Guitare(s) : Fabien Senay
Crédit Pochette : Léonard Titus


Enregistrement : Piggy in the mirror

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